Football Ligue 1 (23e journée) : victorieux à Boulogne sans trembler et revenu à trois points de Bordeaux.
C’est le quatrième succès de rang des hommes de René Girard. Il n’y a pas eu d’explosion de joie. Quelque chose qui ressemblait plutôt, au coup de sifflet final, à la satisfaction du travail bien fait. A moins que ce ne soit la force de l’habitude…
A Boulogne, où Montpellier avait peut-être plus à perdre qu’à gagner, les joueurs de René Girard ont d’abord étiré leur dynamique et leur belle série à quatre victoires de rang. Une première pour eux, cette saison, qui vient exactement souligner l’émergence d’une véritable force tranquille dans ce championnat de L1 où les premiers rôles ronronnaient un peu trop ces dernières saisons.
Il y avait comme un air de déjà-vu dans ce déplacement, quelques jours après la démonstration face à Marseille, conclue sur le même score (2-0). Comme un remake de la venue de Nancy juste après Bordeaux. Comme un test sur la capacité des Montpelliérains à enchaîner, à éviter les trous d’air et les risques de décompression. A ne pas se laisser griser par l’euphorie d’une victoire, de prestige certes, mais qui ne valait finalement pas plus cher, au niveau comptable, qu’un succès dans le Pas-de-Calais, hier.
De ce point de vue, cette équipe est épatante. Elle garde en toutes circonstances sa ligne de conduite, dégage une puissance collective rare et ramasse au final les lauriers avec l’assurance et les certitudes d’un vieux briscard. Face à des Boulonnais qui avaient troqué leur 5-4-1 frileux des dernières semaines pour un 4-4-2 plus ambitieux, et dont René Girard craignait la capacité à jouer leur va-tout en même temps qu’une partie de leur survie dans l’élite, les coéquipiers de Romain Pitau, emmenés par un Costa des grands soirs, ont d’abord construit leur succès sur la patience.
La consigne était d’abord de fermer les espaces derrière, de rester bien en place. Et de profiter de la moindre opportunité. Et comme, en face, les joueurs de Laurent Guyot monopolisaient la balle mais sans véritablement donner l’impression de vouloir se découvrir, cela donnait d’abord un match très fermé.
C’est dans cette période initiale que Montpellier vint donner la leçon. Comme un professeur à l’élève, un promu déjà dégagé de ses devoirs de maintien à un autre promu qui sait, lui, qu’il devra souquer ferme pour ne pas redoubler en fin d’année.
Une seule occasion a suffi en effet à ces Montpelliérains insolents pour forcer la décision. Elle vint d’un exploit personnel signé Camara d’une reprise de volée chirurgicale (27e). Elle vint, surtout, récompenser une œuvre collective avec, cette fois, Aït-Fana dans le rôle du dynamiteur, Cyril Jeunechamp dans celui du dernier passeur, et tous les autres au diapason !
La victoire d’un groupe, parfaitement maîtrisée, Montaño se permettant même, en fin de match, d’y aller de son 8e but de la saison (90e+2). Comme une évidence.
Les voilà maintenant dans la roue de Bordeaux, sèchement battu hier à Rennes. Revenus à trois points du leader, à qui ils ont repris sept points en quatre journées. Qui dit mieux ? D’autant que, derrière, la concurrence commence aussi à s’essouffler. Comment, ce matin, ne pas élaborer les scénarios les plus beaux ?
Ce n’est pas le genre de la maison et les Montpelliérains, eux, ne veulent pas voir plus loin que le prochain match, face à Grenoble samedi prochain à La Mosson. La force de l’habitude, certainement. Qui pourrait quand même les amener très loin…
Jérôme BARBIER pour Midi Libre

























.jpg)